La panique du Coronavirus : Quand l’angoisse de la mort nous envahit

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L’ampleur médiatique prise en quelques semaines par la propagation du Coronavirus « Covid-19 » est impressionnante. Un virus moins mortel que celui de la grippe suscite la panique quasi généralisée. Il est désormais question de pandémie et de récession économique mondiale. Comment expliquer ce phénomène ?

S’il ne faut pas sous-estimer les risques liés à la propagation de ce virus et s’il convient de s’en protéger en adaptant des gestes préventifs classiques tel que de se laver les mains ou de ne pas éternuer en pleine figure de son interlocuteur, nous avons toutefois désormais quitté la sphère du bon sens pour entrer dans un domaine relevant davantage des peurs irrationnelles et de l’impulsivité.

Il faut dire qu’à l’époque du « buzz » et de l’information superficielle qui doit avoir le plus grand impact possible, le Coronavirus s’y prête merveilleusement bien, si ce n’est déjà que pour jouer sur les peurs des uns et des autres. De même, comme la prévention du risque fait partie de tout système de gestion, aussi bien dans le monde politique comme dans les entreprises, il faut surtout assez en parler afin de ne pas se faire reprocher un jour qu’on aurait été négligent.

Le coronavirus et les peurs humaines  

Si l’impact du coronavirus est aussi prégnant, que ce soit dans la sphère professionnelle au travail comme dans la vie privée, c’est parce qu’en tant qu’êtres humains nous sommes profondément angoissés par un potentiel danger qui mettrait en péril notre survie. Cette affirmation peut paraître exagérée, mais pourquoi serions-nous tant inquiétés par le Coronavirus si nous n’envisagions pas la possibilité d’une épidémie mondiale qui mettrait en péril notre existence ? L’explosion des ventes de boîtes de conserves dans les supermarchés en atteste. Nous nous préparons à la fin du monde.

A une époque où l’homme poursuit le fantasme de vaincre la mort et d’échapper à la condition tragique inhérente à la nature humaine, celle de la mort, inévitable et inéluctable, l’espoir du « progrès » ne fait pas bon ménage avec un virus dont nous saisissons mal l’impact et les conséquences.

Si pendant des millénaires, la foi religieuse avait comme objectif de faire accepter le tragique de notre existence en faisant miroiter une vie après la mort, notre absence de foi contemporaine fait de nous des êtres fortement soumis à toutes sortes d’angoisses, dont la genèse se retrouve dans l’angoisse de la mort.

Heureusement que nous pouvons encore croire dans la science, dans la mesure où celle-ci nous fait miroiter que nous pouvons soumettre la nature. C’est ainsi que « Homo Deus » vivra éternellement et pourra échapper à la mort. Et ceux qui n’y croient pas, refoulent la fin de vie au fin fond de l’inconscient pour ne pas devoir y penser. La société de divertissement nous en livre des milliers d’opportunités à tout instant.

Les temps modernes : Quand la futilité domine l’existence

Charles Bukowski disait : « Nous allons tous mourir, chacun d’entre nous, quel cirque ! Cela seul devrait nous faire aimer l’autre, mais ça ne fonctionne pas. Terrorisés et aplatis par des futilités, nous sommes dévorés par rien ». (traduit de l’anglais)

Force est de constater que les futilités font partie intégrante de notre quotidien. Il ne s’agit pas par là de dire que le Coronavirus ne présente aucun danger et qu’il faudrait le prendre à la légère voire ne pas en parler, mais l’ampleur prise par celui-ci parait largement excessive. Un potentiel danger très relatif envahit le quotidien du monde entier. Le problème c’est qu’en donnant à chaque instant une attention démesurée à des choses d’une importance assez relative, nous risquons de passer à côté de l’essentiel. Et l’essentiel commence probablement davantage par essayer d’accepter le tragique de notre existence et de vivre dignement et pleinement sur base de cette réalité, plutôt que de vouloir échapper à notre sort inéluctable et de nous adonner à toutes sortes d’angoisses découlant du non-traitement de l’angoisse première, celle de la mort.

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