La genèse du Coronavirus et le mépris de l’Homme pour son environnement naturel (1/2)

Nombreux sont ceux qui considèrent aujourd’hui que l’activité humaine détruit la planète. C’est tout autant inexact que prétentieux.

En détruisant les écosystèmes notamment par la déforestation, la pollution atmosphérique ou encore l’agriculture intensive, l’être humain ne détruit pas la planète, il se détruit lui-même. La terre existe depuis 4,5 milliards d’années et notre premier ancêtre est apparu il y a environ 2 millions d’années. Quant à Homo sapiens, notre espèce en l’occurrence, elle est apparue il y a environ 200 000 ans, ce qui est infiniment négligeable sur une ligne de temps comparé à la durée d’existence de notre planète. Tout ceci pour dire qu’il y a fort à parier que la terre continuera à exister après la disparition de notre espèce.

Cette prétention et arrogance de l’être humain par rapport à son environnement naturel est vraisemblablement le plus grand danger auquel l’humanité est confrontée. Car de ce sentiment de supériorité sur la nature naît aussi le mépris pour celle-ci. Et ce mépris, synonyme de destruction, ne peut in fine nous mener autre part qu’à notre propre perte. Nous ne sommes pas en-dehors ou au-dessus de notre environnement. Nous ne dépendons pas seulement les uns des autres en tant qu’êtres humains, nous dépendons avant tout de la terre.

La destruction des écosystèmes et de la biodiversité en cause

Ce qui s’apparente de prime abord à une évidence terrible, devrait au regard de ses conséquences être un des enseignements les plus fondamentaux de cette crise. Car la crise du coronavirus est avant tout autre chose une crise écologique, c’est-à-dire une crise du rapport de l’homme à son environnement. Plus précisément, il semblerait que le Covid-19 est une des conséquences de la destruction de la biodiversité et des conséquences que celle-ci engendre sur de nombreux écosystèmes. Les zoonoses ont depuis toujours existé, à l’exemple de la rage ou de la peste, mais leur nombre semble manifestement en augmentation ces dernières années. Les remontées de paludisme ainsi que les ravages récentes causés par le virus Ebola en Afrique en attestent (pour approfondir à ce sujet).

Quant au Covid-19, celui-ci est soupçonné d’avoir d’abord été un virus existant au sein des écosystèmes des chauves-souris et qui a pu muter et se transmettre à l’Homme à travers un hôte intermédiaire (que l’on soupçonne être ce pauvre pangolin). Du fait que l’agriculture intensive exige de plus en plus de nouvelles terres et empiète de ce fait sur les espaces naturels d’autres espèces, différents écosystèmes qui auparavant coexistaient sans pour autant cohabiter, auraient de plus en plus tendance à s’enchevêtrer. Ceci a comme conséquence que de nouveaux virus peuvent se créer auxquels les organismes vivants (y compris les êtres humains) ne sont pas habitués. C’est d’ici que viendrait le danger.

La destruction des écosystèmes : Un crime contre l’humanité

De ce que nous savons aujourd’hui de la genèse de la crise, il apparaît que lutter structurellement contre les épidémies telles que le Covid-19 nécessitera le basculement vers un modèle économique qui ne repose pas sur une exploitation toujours croissante des ressources naturelles. Le véritable enjeu est là et l’heure est grave. Au lieu de nous exciter sur le nombre de nouvelles infections au coronavirus chaque jour et de spéculer sur un renforcement ou non du confinement, nous devrions nous mobiliser contre ce qui s’apparente de plus en plus comme le crime premier de l’humanité : la destruction de nos écosystèmes. Et dans cette lutte, il est important plus que jamais de prendre conscience que nous ne nous détruisons que nous-même lorsque nous détruisons la nature. Même si la science a encore du mal à comprendre les entrelacs extrêmement complexes de différents écosystèmes, celle-ci nous alerte néanmoins depuis de nombreuses années désormais sur les dangers que nous créons de par le fait de les modifier voire de les détruire.

Quel modèle de développement pour faire face à la crise ?

Nous ne sommes pas indépendants de la nature, nous dépendons d’elle et lorsque nous bouleversons des écosystèmes existants, cela ne se fait pas sans conséquences sur notre propre santé. L’illusion consistant à penser que nous pouvons exploiter la nature sans que cela n’ait des répercussions sur nous tous doit absolument cesser. L’avidité de nombreux groupes industriels détruisant l’environnement à travers la terre doit être dénoncée et nos habitudes de consommateurs doivent s’adapter. Nous portons tous une responsabilité dans la dégradation de l’environnement et il n’en va pas plus ni moins de notre survie à moyen terme.

In fine se pose la question du modèle de développement pour protéger la survie de l’espèce humaine à moyen terme. En regardant simplement les projections en termes de chiffres de la population mondiale d’ici 2050, il est difficile de rester optimiste pour l’avenir de l’humanité si nous ne changeons pas radicalement de modèle de société. La population mondiale grimpera de 7,5 milliards à environ 9,7 milliards dans les trente prochaines années. Nous mesurons aujourd’hui les dégâts causés par 7,5 milliards de personnes, qu’en sera-t-il lorsque nous aurons quasiment atteint les 10 milliards ?

Tant il est difficile de savoir à quoi ressemblera le monde dans trente ans, tant il est aisé d’apercevoir que dans le meilleur des cas, il se devra d’être radicalement différent du monde d’aujourd’hui comme de celui d’il y a trente ans.

Notre modèle consumériste et matérialiste qui a fait le succès du capitalisme mondialisé (et des plus riches avant tout) des cinquante dernières années parait plus que jamais condamné. S’imposera pour l’avenir un rapport différent à la nature et une perception de la valeur économique qui ne soit plus tant matérialiste mais profondément écologique, vraisemblablement dans une zone géographique non plus mondialisée une multitude de zones territorialement limitées dans lesquelles les citoyens cultiveront localement le rapport à la terre.

Une gouvernance écologique locale conforme à des engagements internationaux

Nous avons cruellement besoin de changer de perception à l’égard de la nature. Nous avons besoin de relocaliser notre activité industrielle pour mesurer ses effets sur notre environnement immédiat ainsi que de revenir à une agriculture plus locale, via l’instauration de coopératives agricoles par exemple dans lesquelles les habitants pourront apprendre et cultiver le rapport à la terre.

Cependant, la sphère locale ne peut être suffisante par rapport à un enjeu planétaire qui nécessitera une grande capacité à collaborer à l’échelle internationale. Ceci dans le but de faire respecter des engagements contraignants et de pouvoir sanctionner les contrevenants. La gouvernance à l’avenir sera donc dans le meilleur des cas une gouvernance locale qui devra être conforme à des engagements internationaux contraignants tendant à préserver l’environnement, la biodiversité et in fine la survie même de l’espèce humaine. Il serait possible de concevoir une sorte de Nations Unies pour la préservation de la biodiversité qui puissent réellement s’assurer du respect des engagements auxquels les différents pays (ou sphères de pays en fonction de leur situation géographique) se soient engagés.

C’est au prix d’un changement radical de nos sociétés actuelles que nous pourrons éviter le pire. Il est encore temps sous condition de prendre conscience de l’urgence à agir et d’unir nos forces pour ensemble changer de modèle. Qu’attendons-nous encore?

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