Le Budget 2014: Un budget de transition au détriment exclusif des étudiants

Le Budget pour 2014 a été présenté à la Chambre des Députés le 5 mars. C’est un budget dit de “transition” déposé pour les 9 prochains mois avant un exercice 2015 qui sera particulièrement douloureux et difficile. Sans trop vouloir rentrer dans les détails, il s’agit par la suite d’analyser les principales mesures qui ont été envisagées dans ce budget et d’en faire une appréciation qui n’a certainement pas pour finalité d’être extrêmement ambitieuse mais qui vise tout simplement à éclairer de manière brève les économies envisagées.

Le gouvernement veut se féliciter d’avoir fait des épargnes de 231 millions d’euros par rapport à l’exercice budgétaire de 2013 et d’avoir, pour la première fois, réussi à inverser la courbe entre les dépenses et recettes, c’est-à-dire que les premières ne se creusent pas davantage par rapport aux secondes comparé à l’année 2013. Pour mettre ceci dans le contexte, il est important de préciser que le gouvernmenet s’est fixé comme objectif d’épargner grosso modo 1,5 millards d’euros d’ici 2016 pour que le solde structurel de l’administration centrale et des administrations locales atteigne à cette date un plus de 0.5% . Intéressons nous donc à savoir de quelle manière ce montant de 231 millions d’euros a été atteint.

Des épargnes au niveau des investissements à hauteur de 137 millions d’euros

Il faut savoir de prime abord que des dépenses d’investissements sont, parmis toutes les dépenses du budget, celles qui sont les plus productives à émettre, sous condition que ces dépenses d’investissements soient envisagées dans leur domaine respectif avec une stratégie cohérente. En effet, les dépenses d’investissement ont comme finalité de faire creuser les recettes de l’Etat au cours des années à venir par des investissemts rentables à long terme. Limiter les dépenses d’investissement est une manière très simple de faire des épargnes, cependant en fin de compte ce sont des recettes futures perdues. Ces dépenses d’investissement qui vont être supprimées proviennent de différents fonds de l’Etat auquel les autorités ne comptent donc pas toucher au cours de cet exercice budgétaire.

Des économies au niveau des frais de fonctionnement au sein des administrations publiques à hauteur de 50 millions d’euros

Economiser au niveau des frais de fonctionnement auprès de l’administration centrale est une des mesures annoncées par le gouvernement qui sont extrêmement floues, en tant qu’il est impossible de savoir à cet instant où ces épargnes auront lieu. Que le gouvernement veuille d’abord faire un certain nombre d’épargnes auprès de l’administration centrale est cependant absolument à accueillir, sous condition que celle-ci puisse toujours effectuer son travail dans les meilleures conditions.
Il y a probablement aussi une stratégie psychologie derrière, notamment celle de vouloir d’abord faire des économies dans les propres rangs avant de demander des efforts financiers de la part des ménages, notamment en vue du budget 2015. C’est donc une mesure à saluer mais qui nécessite à être précisée et surtout exécutée.

Des économies de 9 millions d’euros au niveau des embauches auprès des administrations centrales

L’Etat s’est fixée comme objectif de n’embaucher que 150 au lieu de 300 personnes prévues au cours de l’année 2014, afin d’épargner un montant de 9 millions d’euros.
Cependant, le gouvernement n’a surtout pas voulu se brûler les doigts en faisant des économies réelles. En fin de compte, ne seront tout simplement pas embauchées un certain nombre de personnes qui avaient été prévues dans l’exercice budgétaire de 2013 afin ne pas devoir envisager des épargnes auprès de personnes travaillant dans les administrations publiques.

Des épargnes au niveau des allocations de bourses étudiantes à hauteur de 35 millions d’euros

La seule vraie économie dans le budget de 2014 consiste dans le fait d’avoir réformé de manière plus ou moins satisfaisante les allocations de bourse pour étudiants qui a déjà été vivement discutée après avoir été dévoilée et dont un post précédent illustre les contours. Les dépenses des allocations de bourse vont donc chuter de grosso modo 170 millions d’euros à plus ou moins 100 millions d’euros par an ce qui constitue donc des épargnes d’environ 70 millions d’euros par année académique et 35 millions d’euros pour l’exercice budgétaire 2014.

Que le système des allocations de bourses étudiantes a du faire l’objet d’une réforme est indiscutable, que les étudiants soient les seuls à être l’objet d’économies dans le budget pour l’année 2014 l’est beaucoup moins et ne fera certainement pas baisser les doutes et la pression sur le gouvernement quant aux épargnes promises à hauteur d’ 1,5 milliards d’euros d’ici l’année 2016. Le budget de 2014 est peut être un budget de transition qui a dû être adopté de manière extrêment rapide en raison des évènements politiques très chaotiques de l’année dernière, il reste cependant qu’en fin de compte c’est un budget comme tous les autres. Ce sont probablement les élections européennes de mai qui ont freiné le gouvernement dans son élan à assainir les finances publiques dès le début de son mandat.

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